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LES RELIGIONS INSTITUEES

«La pollution atmosphérique est beaucoup plus inoffensive que les pollutions spirituelle et religieuse qui ont envahi le monde. « (U.G.)

N’en a-t-il pas toujours été ainsi, de tout temps et en tout lieu : il y a la loi, la force et le mythe. Aujourd’hui, la loi, c’est surtout l’Etat. Toutes les formes d’Etat. Dans son principe, c’est la parole d’autorité.

La force, c’est la police et l’armée. Le mythe, c’est la croyance collective en un futur collectif enviable. Le mythe s’est parfois confondu avec une religion instituée ou il a été inspiré par certaines religions. Même si c’est une religion sans dieu. 

Le mythe a toujours eu besoin de l’Etat et de la force pour s’imposer, pour se propager. L’Etat, (la loi) a toujours eu besoin du mythe pour se justifier et se faire accepter par le peuple. Quand on a une théocratie ou une dictature communiste, c’est simple. L’Etat ou la loi, et le mythe, c’est la même chose.

Quand le mythe a les pires difficultés pour s’imposer, comme dans certains pays d’Afrique, les Etats se succèdent. 

Quand le peuple change de mythe, comme en Tunisie et en Egypte, et que la force fait défaut à l’Etat, l’Etat disparaît. 

Quand L’Etat peut compter sur la force pour réprimer un mythe subversif ou quand le mythe peut compter sur l’Etat pour supprimer un mythe concurrent (hérésies) ,  la contestation se termine dans le sang.

L’Etat s’appuiera donc sur la religion qui inspire le mythe propre à une nation ou un ensemble de nations. La religion cherchera l’appui des lois édictés par l’Etat pour se maintenir et prospérer. Ils poursuivent le même but : l’asservissement du peuple.

Par exemple, le mythe du progrès social grâce au libéralisme (libre-concurrence, libre commerce, enrichissement personnel) est soutenu et protégé par l’Etat et la loi (interdit d’attaquer une banque). Mais la loi et le mythe sont tellement imbriqués, et celui qui fait la loi devient tellement lointain, que l’on peut se demander ce qui se passera quand le mythe du progrès social s’effondrera.

Pas de guerre sans un rapprochement initial très fort du mythe et de L’Etat.

Une forme de « religion » telle que le communisme présente le gros inconvénient de promettre le bonheur sur cette terre et dans un avenir plus ou moins proche. Quand ce bonheur ne vient pas, le mythe se dissipe. La plupart des religions n’ont pas cet inconvénient.  

Depuis toujours, les religions instituées (christianisme, judaïsme, islam, bouddhisme, hindouisme..) parlent d’un au-delà, d’un autre monde, tandis que, comme on l’a vu, leurs ambitions concernent ce monde-ci, cette société-ci.

Cela ne les intéresse pas les démarches spirituelles non ancrées, non inscrites dans le monde, dans la société. (Quiétisme, mysticismes individuels, méditations ou contemplations, spiritualités individuelles)

Les religions instituées appellent, exigent des pratiques répertoriées, repérables, contrôlables dans le monde d’aujourd’hui, des formes sociales de piété.

(D’où l’importance des rites, des règles, des cérémonies, des temples divers, des prêtres divers entre autres)

Il faut que les pratiques citoyennes, par exemple, se marient bien avec les pratiques religieuses. (Voir les discours)
Les religions instituées essaient toujours de former, de conditionner le citoyen, de transmettre, d’inculquer une certaine façon de vivre dans la société.

Ce sont nos comportements, nos actes sociaux, notre vie pratique, notre apparence sociale qui les intéressent.

Les religions instituées travaillent sans cesse pour accroître leur influence, leur pouvoir, pour se rapprocher du pouvoir, du politique, des institutions de façon à pouvoir transmettre, inculquer leurs conceptions de l’existence dans un cadre institutionnel ou autorisé. (voir l’affaire des abattages rituels pour la viande de boucherie aujourd’hui où judaïsme et islam sont complices)

La religion est un culte de la société, du principe qui régit l’homme social, aussi nul dieu n’est-il jamais le dieu exclusif d’un moi ; toujours un dieu est le dieu d’une société ou d’une communauté : d’une famille, d’un peuple, ou de tous les hommes « (Max STIRNER .- L’Unique et sa propriété)

MITTERRAND déclarait : « Le nationalisme, c’est la guerre  » . On a vu que la religion aussi, c’est la guerre. Quand les deux se conjuguent comme on le voit encore aujourd’hui….
Le principal moyen pour les religions de se maintenir, de s’imposer ou de s’étendre est de s’assurer elles-mêmes ou via leurs éducateurs, du conditionnement précoce des enfants. Ce sera gravé.

On a beau ne plus aller à la messe, à la synagogue, à la mosquée, à la pagode ou au temple, on tient quand même à une certaine fidélité au passé, à la famille, à la tradition, on craint quand même de rompre totalement avec ses croyances, ou on se laisse suborner par les institutions. (Au moins qu’il fasse son catéchisme pour être instruit !)

Si on veut vraiment une société laïque, il faut absolument interdire toute forme d’endoctrinement précoce des enfants, ce n’est rien d’autre qu’un terrible lavage de cerveau.

Les religions instituées veulent soit conserver le pouvoir dictatorial qu’elles détiennent, soit gagner le plus grand nombre de personnes à leur cause et étendre leur implantation dans le but de reconquérir ce pouvoir. Leur but sera toujours de faire passer les lois divines avant les lois qu’un peuple s’est démocratiquement donné.

Tandis que l’islam se confond souvent avec le pouvoir politique, avec l’Etat, le christianisme a perdu une bonne partie du pouvoir qu’il avait il y a quelques siècles en Occident. Mais il n’a qu’une seule idée en tête : le regagner, au moins en partie. Leurs ambitions sont les mêmes : régner sur les consciences, dominer les hommes, triompher ici-bas.

C’est ainsi que lorsqu’une religion instituée est plus ou moins écartée du pouvoir politique, elle demande davantage de liberté religieuse et de moyens de pratiquer et exprimer sa foi. Et lorsqu’elle est au pouvoir elle réprime toutes les opinions et croyances différentes à la sienne..

Là où elle est en position de force, la religion instituée pourchasse les religions concurrentes, là où elle ne l’est pas, elle cherche à amadouer, inspirer, superviser, voire contrôler le pouvoir en place. (Voir par exemple le comité national d’éthique)

Franchement, espérer ou demander qu’une religion instituée se sépare de son pouvoir politique ou renonce à vouloir le reconquérir, c’est soit ne rien comprendre, soit être extrêmement naïf, soit bercer les gens d’illusions.
Il n’y a qu’une attitude à adopter en face de telles organisations : les combattre partout où elles existent, comme on combat d’autres idéologies dangereuses, au nom de la dignité et de la liberté humaines.

(p.s. d’actualité : voir l’évolution actuelle de la Tunisie et de l’Egypte.  Hélas, ceux qui font la révolution ne sont pas ceux qui en tirent les bénéfices)

 

 



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