Nous ne nous rendons probablement pas compte que nous n’imaginons pas d’exprimer quelque avis sur le monde qui n’implique pas les autres, qui ne soit pas valable pour les autres, qui ne fasse pas des autres, des éléments de notre façon de pensée. Le monde que nous avons à construire ou concevoir est nécessairement commun, collectif. C’est le monde des autres en même temps que le nôtre. Nous ne saurions faire autrement. N’avoir aucune vue sur les autres, aucun projet pour les autres, ne s’occuper, intellectuellement, que de soi, cela dépasse l’imagination.
Nous ne nous rendons sans doute pas compte que nous n’arrêtons pas d’imaginer, d’inventer une société, un monde viables, crédibles. Comme si c’était notre devoir, notre mission, comme si les autres nous le demandaient.
Nous ne nous rendons pas compte qu’il est abusif de vouloir imposer aux autres notre idée du bien, du bon, du juste ou du normal et parfois, abusif de ne pas accepter que les autres n’acceptent pas notre idée du bien, du bon, du juste ou du normal. Pourtant, nous ne savons pas si elle serait bien, juste ou bonne pour eux. Si elle leur profiterait. Ce n’est pas prouvé. Ne sont-ils pas les mieux placés pour en juger ?
C’est ainsi que nous nous occupons des affaires des autres, pensons pour les autres, attendons certaines choses des autres dès que nous pensons. C’est automatique. Nous généralisons, systématisons. Si nous en usons ainsi avec les autres, il est normal que les autres en usent de même avec nous, n’est-ce pas ? Nous trouvons aussi normal que les autres s’occupent de nos affaires et pensent pour nous.
L’autorité, c’est d’abord la croyance en l’idée que certaines personnes connaissent vraiment ce qui est bien, bon, juste ou normal pour nous, pour tout le monde. Elles seraient crédibles dans ce rôle. Et si on peut prétendre avoir découvert la personne qui a cette autorité….!
Enfin notre recherche d’une façon de penser valable pour tous risque de se terminer !.
Quel est le rôle de la langue ?
Nous voyons donc que notre notre but essentiel est la communication pour trouver un terrain d’accord, un consensus, une opinion commune : le triomphe de notre façon de penser ou la victoire de la façon de penser des autres. Comme si l’on ne pouvait vivre, comme si l’on n’avait le droit de vivre qu’en s’appuyant sur ce genre d’accord.
Pourquoi ? A cause de la nature de la pensée dont on se sert. La pensée est faite de mots, et les mots ne sont pas les nôtres. Leur sens n’est pas le nôtre. Nous avons reçu ces mots et l’essentiel de leur sens des autres. En les utilisant, on ne fait que faire référence à ce que les autres sont censés savoir, au sens qu’ils leur donnent.
Nous avons donc toujours besoin, quand nous nous appuyons sur une pensée, de vérifier que le sens que nous donnons aux mots est validé par les autres, car ce sens excède de beaucoup ce que nous avons pu vérifier personnellement et que nous pouvons assumer.Ce sens correspond à ce que nous croyons avoir retenu, compris.
Etre ce connaisseur qui dépend des pensées, c’est dépendre des autres. Cela nous place dans la nécessité absolue d’impliquer et d’interroger les autres quand nous pensons. Pour être compris, le sens que nous donnons aux mots doit être celui qu’on nous a transmis.
Mais les autres sont-ils en mesure de certifier nos vues ? En parlant, l’autre supposait aussi un sens que les autres connaissaient et dont il dépendait. Et ces derniers supposaient etc à l’infini.
Les mots représentent des objectifs du fait qu’ils ne nous ont pas encore révélé toute leur richesse, tous leurs trésors. C’est la part d’étrangeté qu’ils possèderont toujours qui nous fascine, celle que d’autres connaîtraient.
C’est ainsi que celui qui nous demande de construire cette société, de trouver une position commune, de persuader les autres est en nous. Nous lui sommes soumis. C’est la croyance en l’existence d’un sens commun, d’une vérité commune connaissables, d’un accord général. Nous ressentons cette recherche d’une position commune, d’une société viable, comme un devoir, voire même comme une obligation. Cela parle dans notre conscience.
Impossible de penser sans s’appuyer sur un sens commun supposé, pourtant inconnu et introuvable. En pensant, c’est le chercheur de ce supposé sens commun qui mène le jeu. C’est le supposé sens commun qui mène le jeu. C’est l’idée qu’un sens existe qui est commun qui mène le jeu. On peut d’autant mieux s’arranger de cet inconvénient qu’il s’agit de quelque chose qui ne nous touche pas de près. Mais quand il s’agit de ce que nous sommes censés être…..
L’autorité (morale, spirituelle, psychologique) ne fait qu’exploiter notre désir de croire que cette part d’inconnu des mots peut être éliminée, que le penseur peut se trouver, et que donc nous pouvons trouver notre vérité par la pensée, dans la pensée. Elle prétend nous indiquer le chemin. L’être dépend alors d’une supposée vérité détenue par les autres. Alors que l’autorité est logée à la même enseigne et que cette part d’inconnu ne disparaîtra jamais. C’est sans issue !
Et bien sûr, on croit pouvoir trouver la part de connaissance ou de sens qui nous aurait échappé, qui se cacherait derrière les mots, et que les autres posséderaient, parce qu’elle expliquerait nos insuffisances. On en rêve.
La croyance en l’existence d’un sens commun où se trouverait une vérité précieuse est un puissant levier. C’est ce qui nous mène. L’idée qu’une idée est partagée par un grand nombre de personnes nous motive ou nous convainc bien mieux que le sentiment personnel que cette dernière est fondée. C’est même cela que les grands leaders développent comme mythe : l’existence déjà effective d’un grand accord populaire. (Un grand mouvement est né….des millions de personnes….La premier parti, la première religion..etc)
Le sens que l’on donne aux mots, c’est celui que l’on a appris des autres. Le rapport entre ce sens et les choses que nous avons pu concrètement expérimenter est difficile à dire. Mais quand rien n’est expérimentable – cas des mots abstraits, moraux, sociaux – tout vient des autres, du milieu. On ne fait que restituer ce qui a été enregistré en mémoire après un traitement personnel que l’on ignore. Ce qui nous fait croire que les autres peuvent savoir ce que nous cherchons, c’est uniquement le fait que le sens de ces mots-là vient des autres et semble leur appartenir. On s’oppose peut-être à une certaine conception de la vertu, du bien, de la justice, de la nation, mais au nom d’un autre héritage. Juste question de croyance dans certaines autorités plutôt que d’autres.
Dur d’utiliser des mots sans attendre de l’autre qu’il leur donne le sens que l’on voudrait, et sans espérer un accord, un consensus jamais vérifié. En conséquence, soit on est du côté de l’aspirant, du chercheur, de l’éternel élève – et on vit dans la dépendance – soit on est du côté des faiseurs de monde.
Mais cela devrait nous paraître comique d’entendre des personnes parler et nous interpeller au nom de certaines valeurs, comme si elles en avaient une connaissance spéciale, comme si elles avaient une légitimité particulière en dehors de la dimension symbolique éventuelle de leur fonction, comme si elles avaient, contrairement à nous, un droit spécial de nous interpeller. (Comme si ces valeurs leur parlaient à l’oreille)
La raison profonde de tout cela, c’est que l’idée de soi – et donc des autres – sur la base de laquelle toute nos connaissances se développent est une idée complètement théorique, irréelle, un pur produit de la langue.
Qu’est-ce que soi sinon le référent supposé d’un nom, d’un mot, d’un signifiant sans lesquels on ne se le demanderait pas. Quand est-il question de soi sinon dans la conversation, la communication. De quelle façon est-il question de soi sinon à travers du sens qui vient entièrement des autres, de la culture. Comment s’exprime le soi sinon avec les mots appris. Serait-il encore question d’un soi si la langue, la grammaire et tout ce qu’on raconte sur l’homme n’existaient pas ? Non. Aucune conscience immédiate de ce prétendu soi.
Ce n’est qu’une idée, forgée à base de mots entendus, retenus, pensés et restitués. Soi est 100% un produit culturel. C’est un rêve.
Le monde parle dans notre tête. En réalité, de lui-même, il ne dit rien. Si on tend l’oreille….Rien. La matière ne parle pas. L’agencement, l’organisation du monde, les textes, les paroles ne parlent pas si on n’est pas impliqué. C’est comme une fourmillière. Etrange !.
Mais une voix parle dans notre tête au nom du monde. Elle dit ce que veut, ce que demande, ce que prescrit le monde. Stimulus, pensée. C’est machinal. Là, il faut tourner à gauche. Cette chose, il faut s’en servir comme cela. Dans ces conditions, il faut réagir ainsi. Quand on entend cela, il faut répondre cela. Dans telle situation, il faut faire ceci. Ceci, c’est le bien, cela, c’est le mal. Ceci, c’est normal, cela c’est anormal. Il faut montrer qu’on sait faire, qu’on sait répondre, qu’on correspond aux critères etc Il y a beaucoup, beaucoup, beaucoup de conditions à satisfaire, de choses à savoir, de critères à respecter, de buts à poursuivre.
On dirait que les objets commandent, que les machines commandent, que les structures de la société commandent, que des règlements inventés par quelques technocrates commandent, que des coutumes, qui sont des sortes de routimes collectives, commandent. Et qu’il faille que ce soit des objectifs, des modèles pour chacun d’entre nous. Marquages en tout genre. Comme si nous n’étions pas bien supérieurs à des objets, des machines, des structures de pouvoir, des règlements et des coutumes. Les intérêts de l’être devraient primer en toute circonstance.
Mais en fait, ce sont bien des personnes , la plupart d’entre nous, qui cherchent à imposer leurs conceptions de ces objets, machines, structures, règlements, coutumes qui, d’eux-mêmes, ne parlent pas. Elles prétendent parler à tous au nom de ces objets, règlements, structures, coutumes, surtout s’il y va de leur intérêt. Je sais, je sais.
La voix intérieure parle, parle. Toutes ces choses défilent. Le but, c’est peut-être de parvenir à une synthèse, si elle existe, à une façon d’être qui satisfasse toutes ces prescriptions, si c’est possible. Car cette voix commande. Pas question de discuter ses ordres, pas question de s’interroger sur son origine, pas question qu’on nous demande notre avis. Quant à notre permission, n’en parlons même pas.
Pas droit à la parole : c’est la voix qui a la parole.
C’est que, rappelez-vous, les choses ont commencé comme cela : attention, important, il faut, c’est comme ça, pas de discussion, incontournable. As-tu fait ceci ? As-tu dit cela ? D’où forte impression, marquage, voire parfois choc, trauma. En tout cas, cela se grave. On ne plaisante pas, c’est grave.
Qui parle, quelle est cette voix dans la tête ? C’est le sens commun qui n’existe pas. C’est la force de persuasion de l’idée qu’il existe un sens commun qui agit, qui s’imprime et ensuite anime cette voix.
Tout le monde veut parler au nom de ce qu’il prétend être la vérité, la norme, le sens commun ou collectif. Tout le monde est le haut-parleur de la voix qui parle dans sa tête et qui exige de s’imposer. Ma religion, mon parti, mon groupe, ma philosophie, ma façon de vivre, mes idées, mes goûts etc etc
Tout cela se fait dans la plus parfaite méconnaissance, inconscience, de façon compulsive et parfois violente.
C’est que c’est sur l’idée que sa propre voix est juste que l’on s’est construit, c’est grâce à elle et à travers ses idées que l’on existe. Quand on se prend pour le penseur-connaisseur. Qui dépend de concepts et du fait qu’ils soient vrais pour être réel.. De concepts pensant pour les autres et bâtissant un monde commun. Qui n’existe pas. Tout cela est un rêve.
Soit vous êtes le disciple soumis de la voix qui parle dans la tête, soit vous servez cette voix pour réussir en tant qu’autorité. Penser pour les autres, c’est vouloir pour les autres, en demandant leur permission, ou pas.
De toute façon , vous avez besoin que les autres confirment, valident – dependance ou contrainte, crainte ou violence – le sens que vous donnez aux mots et les idées que vous avez. Si vous voulez être un sous-maître qui s’autorise du maître, il faut vous soumettre.
Cette validation ou confirmation, mendiée ou imposée, est le seul moyen de crédibiliser l’existence du sens commun.
Division, conflit, oppression, malheur, pour un rêve.
« Celui qui viendra lui expliquer ce qu’est la vie, NAN-SHAN l’attend sur la montagne du Sud avec un vieux gourdin « (NAN-SHAN .- Recueil de la Colline du Sud .- Ed. Les Deux Océans)
La première conclusion que l’on peut tirer des trois articles précédents, c’est que lorsqu’aucune expérimentation, vérification personnelle impartiale n’est possible que le sens d’un mot ou d’une idée est la vérité ou la réalité, la crédibilité de ce sens, de cette idée dépend complètement de l’approbation des autres.
C’est alors, pour ce mot, cette idée, cette chose-là, la croyance ou la recherche d’un accord, d’un sens commun qui nous mène quand on veut assumer ce que l’on dit ou quand c’est important pour soi. Autrement dit, la dépendance à l’opinion des autres, tout particulièrement à ceux qui font autorité, est totale.
Dans la mesure où on dépend de ce sens, de cette idée pour exister, dans la mesure où ils sont une donnée essentielle du moi, c’est le moi qui dépend totalement des autres.
Si je donne au mot « générosité » le sens chrétien de charité, de don aux pauvres, j’ai besoin que les autres donnent ce même sens au mot. J’ai besoin qu’ils me confirment dans mon idée et ma pratique de la générosité, et de la valeur prônée par ce sens . Une conception différente et crédible me remettrait sérieusement en cause.
Si je donne au mot père ou mère le sens de mon milieu socioculturel etc
Mais mémoire du sens appris des autres et reconnaissance ou accord apparent de leur part ne valent pas pour vérité. Ce n’est pas parce que l’on donne usuellement tel sens à quelque chose que ce quelque chose est tel qu’on le dit. Il faudrait d’abord vérifier que ce quelque chose de défini existe réellement, dans le temps, puis qu’il est bien tel qu’on le dit.
Comment allez-vous vérifier que l’entité ou la réalité « père » définie existe réellement, dans le temps, et qu’elle est telle que votre sens le dit ? Ces sens-là ne sont pas expérimentables, vérifiables personnellement et impartialement. A quoi allez-vous comparer le sens de ces mots, si ce n’est à celui de quelqu’un d’autre ? Ce sens des mots repose uniquement sur l’usage dans la culture. C’est une création de tous les jours.
Ah mais justement, voilà un expert qui passe, on va lui demander : svp mr le psy ?
La deuxième conclusion que l’on peut tirer, c’est que puisque les autres doivent pouvoir savoir de quoi on parle, puisqu’il faut faire référence à quelque chose qu’ils connaissent déjà si on veut qu’il y ait communication, il faut que l’on connaisse le sens que les autres donneront à nos mots, du moins, il faut s’appuyer sur la connaissance que nous croyons avoir du sens que les autres donnent aux mots. On donne aux mots le sens que l’on croit que les autres leur donnent. D’ailleurs, ce sens vient des autres. On parle l’autre. Enfin on croit. On parle notre prétendue connaissance ou mémoire de la parole des autres.
C’est particulièrement vrai avec les mots dont la vérité du sens n’est garantie que par l’usage. (Sinon on peut au moins se reporter à une réalité sensible)
C’est dans le cadre de cette croyance généralisée et partagée dans la connaissance du sens que les autres donneraient aux mots que se situent toutes les illusions, toutes les attentes et tous les mythes.
Mais quel sens donnez-vous au mot enfant que l’autre est censé connaître ? Avez-vous vérifié que le sens que vous donnez est le sens que cet autre-là connaissait ?
D’autre part, en cas de désaccord, si le sens est une partie essentielle de soi, une conviction forte, on est porté à défendre l’idée que son sens est reconnu, validé par d’autres personnes auxquelles on croit.
La troisième conclusion que l’on peut tirer c’est qu’on ne trouve jamais véritablement d’identités de sens. Soit le désaccord est évident – c’est, de loin, le plus fréquent – soit on se contente d’un semblant d’accord. Pour maintenir la croyance en l’existence d’un sens commun de certains mots ou idées – seul moyen de continuer à croire que l’on sait en absence d’expérimentation – on est obligé de croire en l’existence de maîtres, d’autorités, quelque part, qui connaîtraient le sens commun à retenir, d’en rechercher sans cesse pour consolider notre « savoir ». Chacun ses maîtres et sa connaissance des maîtres.
« Découvrir une grande vérité, c’est poser la fondation d’une nouvelle grande illusion de l’esprit » (NAN-SHAN .- Au Sud des nuages .- Ed. Les Deux Océans)
Quel impact sur nous ont pu avoir ces moments où on avait l’impression que les autres étaient exactement « sur la même longueur d’onde » à propos de quelque chose, n’est-ce pas ?
La quatrième conclusion, c’est qu’il n’y a pas de mots compréhensibles par l’autre pour exprimer ce qui est propre à soi, ce qui est unique à soi. Pas de mots pour exprimer un soi propre. Parler d’un soi qui ne serait pas ce que les autres sont censés savoir, qui ne ferait pas partie de notre mémoire de ce que les autres nous ont dit, est impossible. Pas de soi exprimable qui ne soit la résultante de ce qu’on a entendu et compris à propos de soi.
D’où la justesse de la phrase de Paul VALERY : « Tout ce que l’on dit de nous est faux mais pas plus faux que ce que nous en pensons » qui pourrait aussi se reformuler ainsi : « tout ce que nous disons à notre sujet est faux, mais pas plus faux que ce que les autres en pensent » (Combien souvent nous sommes mécontents de l’idée ou image que les autres ont de nous)
Mais, étant donné que ce soi fait partie des choses non expérimentables, dont le sens ne vient que de l’usage, y a-t-il un soi en dehors du soi exprimable venu des autres ?
En fait, ce soi dont parlent les autres, auquel ils font allusion, qui court en filigrane de nombreux concepts, est une création du langage. Cela ne correspond à aucune réalité. On ne fait que faire du feed back, faire fond sur les propos des autres à ce sujet, les réutiliser dans le seul but de trouver un terrain d ’échange, les autres remettant en cause successivement ce qu’ils ont pu dire ou ce que d’autres ont pu dire précédemment. Pas de soi en dehors de la communication par le langage qui l’introduit et sans la pensée qui agit comme un echo. Ce n’est qu’une sorte de parasite qui profite de notre vie.
« Chaque concept n’est vivant que parce que notre foi est là, parce que nous croyons dans le concept. La foi est la force qui tient ensemble tous ces concepts, et qui donne sens et direction à tout le rêve….(.)..Ne vous croyez pas vous-même et ne croyez personne » (Don Miguel RUIZ .- La voix de la connaissance .- ed. Trédaniel)
C’est parce que nous avons eu foi dans l’autre, dans ses allégations, que nous avons pris au sérieux cette entité soi.
AVEZ-VOUS VU DUCON
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